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Du code, des mots, des livres.

Néodico

09/07/2019 à 20h

Sommaire

  1. Tirédusi
  2. Virgulomane
  3. Macronomicon
  4. Kappanophile
  5. Badepagiste
  6. Kamouloxien
  7. Et en espéranto, ça donnerait quoi ?

Tirédusi 🔗

Un tirédusi est un trait d’union. C’est une simple déformation de l’absurde façon de désigner ce dernier comme étant « le tiret du six » – sur un clavier d’ordinateur fait pour Windows… en AZERTY1… non, en vieux AZERTY.

« Saint-Étienne, dans ce cas-là, c’est deux caps-div.
— Hein ?
— Des capitales aux deux lettres et un tirédusi entre « Saint » et « Étienne ».
— Ah, ok ! »

Virgulomane 🔗

Auteur investi d’un trop grand amour de la ponctuation, au point que la syntaxe en pâtit2.

D’abord pensé pour ceux qui intègrent beaucoup trop de virgules dans leurs textes, ce mot est également applicable pour ceux qui abusent des points d’exclamation, d’interrogation, ou qui ne savent pas se servir correctement des points-virgules.

«  Les commentaires du site web du Figaro sont remplis de virgulomanes PAS CONTENT !?!!  »

Macronomicon 🔗

Programme politique malveillant ; formé à partir du Necronomicon, livre imaginaire des œuvres de Lovecraft. Sorte de plan diabolique qui permet d’éreinter les jeunes et de faire crever les vieux (ou les yeux) au plus tôt.

Kappanophile 🔗

Individu porté sur l’ironie, prompt à faire des jeux de mots et des sarcasmes. De l’émoticône « kappa » de Twitch, qui induit généralement cette tonalité de propos. Pour l’amateur de la marque, on préférera « pigeon ».

«  Ce kappanophile, ainsi que ses mères, s’est fait TO pendant vingt ans.  »

Il faudra aussi saluer un jour la rapidité avec laquelle les « clipéastes » parviennent à isoler un extrait d’une diffusion en direct sur Twitch.

Badepagiste 🔗

Écrivain ou écrivant qui abuse des notes de bas de pages3. Évidemment, les praticiens du style de référence bibliographique « à l’anglo-saxonne » (hideux et incommode, 2019) peuvent être des badepagistes, mais c’est plus rare que chez les praticiens de la référence classique (la vraie, la bonne, celle qui est en note). Vaut aussi pour ceux qui écrivent des romans en note de bas de page.

Kamouloxien 🔗

Qui est aguerri à l’énonciation de discours sans contenu, qui ne veulent rien dire. Le kamouloxien n’est pas tellement un sophiste (pour ça, il faudrait que ce qu’il dise, tout sophisme que ce puisse être, ait un sens), sauf peut-être quand on lui fait remarquer qu’il brasse de l’air façon éolienne de dernière génération.

«  Le porte-parole, en bon kamouloxien qu’il était, fit comprendre sa panique nettement plus par les gestes que par la parole.  »

Et en espéranto, ça donnerait quoi ? 🔗

Remarque:
Les apostrophes dactylographiques (« droites ») sont une convention pour montrer la construction d’un mot ; évidemment si le mot est connu, on ne s’en sert pas…
Français Esperanto Commentaire
Tirédusi Streket'o Il s’agit juste du mot ordinaire pour « trait d’union ».
Virgulomane Kom'mani'ul'o Plus ou moins « personne tendant à la manie de la virgule »
Macronomicon Macronomicon'o On transforme juste en nom grammatical.
Kappanophile sarkasm'ul'o ou kalembur'ul'o selon les cas « Porté au sarcasme », « porté au calembour ».
Badepagiste piednot'ul'o « note de bas de page » se dit déjà « piednoto », comme l’anglais footnote.
Kamouloxien vent'a'parol'ist'o venta désigne déjà quelque chose de peu d’intérêt4. Un parolisto, littéralement « parleur professionnel », est un conférencier.

Notes

  1. Écrivant tout en BÉPO, je devrais dire « tiret du 8 » pour « tiret du 6 » et « Alt Gr + Espace » pour « tiret du 8 ». L’ânerie que constitue ce genre d’appellation est claire maintenant ?  
  2. Flaubert pouvait écrire des « [blabla], et, [blabla] », mais ça, ça va encore. Et pis c’est Flaubert.  
  3. Oui, je suis un badepagiste, avec des billets dont la taille des notes de bas de page / de fin équivaut parfois à la taille du texte proprement dit. Est-ce que je me soigne ? Non. On notera enfin que les notes de bas de page de Terry Pratchett sont souvent un renfort appréciable de son humour.  
  4. Intéressant de voir que l’association entre le vent et la vanité, la futilité, présente notamment dans l’Ecclésiaste, se perpétue dans l’espéranto. Comme quoi les langues ne sont jamais que ce qu’en fait leur usage…  

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